Anthropic a mené une étude publiée 29 janvier 2026 pour évaluer l’impact de l’IA sur l’apprentissage technique.
L’étude porte sur 52 ingénieurs logiciels principalement des profils juniors. L’objectif était d’apprendre à utiliser une programmation Python spécifique que personne ne connaissait auparavant. Les participants étaient divisés en deux groupes de 26, l’un avec GPT 4o et l’autre codant manuellement sans IA.
Le résultat est une baisse du niveau des compétences de 17 points pour les développeurs avec IA : le groupe avec IA a obtenu une moyenne de 50 % au test final contre 67 % aux autres.
Délégué son intelligence à un assistant coûte 17 % de maîtrise.
Le gain de temps réalisé par ceux qui utilise l’IA est de 2 minutes en moyenne. Ce qui est modeste et s’explique par le temps de rédaction du prompt, jusqu’à 11 minutes. L’automatisation du prompt peut être une solution, mais externalisera encore davantage le savoir.
On peut rajouter que le groupe avec IA ne fait qu’une seule erreur contre 3 pour le groupe sans. Il y a donc bien un gain de performance.
Deux attitudes face à l’IA, il y a ceux qui délèguent tout, lui demandant d’écrire un code complet et ceux qui posent des questions conceptuelles à l’IA : les premiers ont un résultat inférieur à 40 % au test de compréhension et les seconds plus de 65 %.
L’usage change la compréhension. Ceux qui utilisent l’IA comme une maïeutique numérique maintiennent des scores très honorables, ceux qui externalisent la compréhension perdent le chemin de la construction des savoirs.
L’IA nous permet de construire une illusion de compétence.
Cela réinterroge la formation dans son rôle ontologique : utiliser l’IA ou comprendre comment l’outil produit à sa place.
A-t-on besoin de comprendre le fonctionnement d’une voiture pour qu’elle nous conduise à bon port ?
Enfin, la conséquence de l’usage de l’IA dans le coding est économique. Si l’on compare avec 2022, on assiste à une chute de 20 % de l’embauche des développeurs de 22 à 25 ans : les entreprises préfèrent recruter moins de juniors et augmenter l’usage de l’IA.
Le marché sollicite les seniors qui comprennent l’outil, mais n’investit pas dans les juniors qui seront les seniors de demain.
La question est éthique, à terme, s’il n’y a plus de personnes qui comprennent l’IA qui sera le pilote dans l’avion, la machine ou l’homme ?
Fait à Paris, le 19 mars 2026
@StephaneDIEB pour vos commentaires sur X
Sources
Comment l'assistance par l'IA influence le développement des compétences en programmation ?
https://www.anthropic.com/research/AI-assistance-coding-skills
Pour aller plus loin
L’IA, va-t-elle révolutionner la formation ? Enquête sur un bouleversement en marche :